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DERNIERES EXPLOSIONS A CHALAMPE

Tandis que la 10e D.I. de Billotte et les Tabors ratissent les crêtes autour du Hohneck et de la Schlucht et dévalent dans les vallées de la Lauch et de la Fecht, le reste de la 1ère armée pivote vers l’Ill et le Rhin. Les restes des divisions adverses se sont réfugiés dans un quadrilatère de 25 km sur 15, allant de Neuf-Brisach à l’Ile Napoléon, près de Mulhouse.

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C’est évidemment tout provisoire. Le pont de Chalampé voit, en effet, un défilé continu d’unités mélangées qui regagnent péni­blement la rive droite sous les coups des chasseurs-bombardiers français et américains. C’est la seule échappatoire. Hitler a enfin dû se résigner.

Le resserrement est tel qu’il a fallu stopper le IIe Corps à Fessenheim et la 21e U.S. sur l’Ill. Le coup de grâce sera donc assené par le seul 1er Corps ; juste récompense pour Béthouart, ses divisionnaires et leurs hommes qui sont partis les premiers vingt jours plus tôt. Tandis que les pontonniers lancent les ponts Bailey sur l’Ill en crue, pour permettre le passage ultérieur des chars des CCI. et 3 de la 1ère D.B. les fantassins de la 2e D.I.M. passent en force la rivière de Meyenheim et à Reguisheim ; ceux de la 9e D.I.C. les imitent à Ensisheim et au nord-est de Mulhouse. Tout à fait à droite enfin, la brigade de Spahis Brunot se glisse le long du canal de Huningue pour parvenir à Hombourg sur le Rhin, où est déjà arrivé le 151e R.I. (l’ancienne colonne Fabien) près de Petit-Landau.

Le 8 février au soir, les tirailleurs des 2e D.I.M. et 9e D.I.C. se sont profondément enfoncés dans la forêt domaniale de la Harth nord, malgré les embuscades des allées, flanquées de fortins, d’abattis et des inévitables mines. Le lendemain à 8 heures retentit la dernière détonation de la bataille de cette poche de Colmar. Elle provient du camp allemand. Les sapeurs viennent de faire sauter les ponts routier et ferré de Chalampé. La 1ère armée tient désormais la rive gauche du Rhin de Huningue à Drusenheim, au confluent de la Moder… Les pertes officielles alliées de la seule bataille .de Colmar sont de 2 137 tués et 11 253 blessés.

Plus de 20 000 prisonniers allemands défilent dans les villages définitivement libérés. Les troupes peuvent maintenant prendre un repos bien gagné si l’on prend au mot la formule de Turenne. Elles en ont aussi bien besoin. Ce terrible hiver a été si éprouvant ! Certaines unités ont perdu la moitié de leurs effectifs, la grande majorité d’ailleurs par maladie. En tout cette victoire de Colmar est le résultat d’un véritable travail d’équipe, et les Américains ont  » joué le jeu  » jusqu’au bout.

Les services du 4e Bureau et les conducteurs des convois de G.M.C. y ont pris aussi leur part, au même titre que les hommes des Transmissions et ceux du Génie, dont les pionniers ont jeté au total 1 200 mètres de ponts et passerelles et déminé 536 km de routes, où ils ont relevé plus de 7 000 mines de types divers.

VERS LA LAUTER

Si le 1er Corps a eu sa récompense devant Chalampé, la 3e D.I.A. va recevoir la sienne en boutant les derniers Allemands hors d’Alsace. Il lui faudra toutefois patienter jusqu’au’ 15 mars ; mais pour se rattraper, elle mènera sa tâche à bien en 48 heures !

Après la cessation de la pression allemande vers Strasbourg, à la fin du mois de janvier, le front s’est stabilisé sur la vallée de la Moder et la forêt de Haguenau. Mais au début de mars, le 6e groupe d’armées entend s’approcher des ouvrages de la ligne Siegfried, en vue de l’invasion du Reich. Comme à gauche

Patton est au contact de la frontière allemande, de la Moselle a Sarreguemines, Devers désire aligner à son tour la VIIe armée, de la Sarre à Lau ter bourg.

Le VIe Corps U.S. dans cette manœuvre devra progresser entre les basses Vosges et l’ouest de la forêt de Haguenau vers Wissembourg, par la trouée de Soultz-sous-Forêts. Ainsi, en rai­son du  » créneau  » qu’elle tient entre Haguenau et le Rhin, la 3e D.I.A. est chargée de la progression le long du fleuve et du nettoyage de toute la rive gauche.

Mais le plan allié présente un inconvénient ; il prévoit que l’offensive de la division se terminera à Lauterbourg  » en sifflet « , c’est-à-dire sans s’étaler le long de la frontière allemande. De Lattre, qui entend bien pénétrer au Palatinat à la première occasion, s’arrange pour obtenir aussi son petit créneau ‘ ‘ sur la Lauter : ‘ ‘ Théoriquement, annonce-t-il à Guillaume en lui transmettant ses instructions, ton front se ter­mine en pointe à Lauterbourg. Arrange-toi pour qu ‘il se termine en ‘ ‘ tromblon ‘ ‘ !

La possibilité en est offerte dès le départ, à l’aube du 15 mars. La 14e D.B.U.S. qui jouxte sur la gauche la 3e D.I.A. redoute à juste titre les pièges dressés par les Allemands en forêt de Haguenau. Son commandant préfère contourner l’obstacle par l’ouest. Les tirailleurs de Guillaume vont donc devoir s’en char­ger et notamment le 1er Tabors, après que le 4e Reg. de Tirail­leurs Tunisiens, le 3e R.T.A. et le 7e Reg. de Ch. d’Afrique leur ait ouvert la voie dans la ligne ‘ ‘ Anne-Marie ‘ ‘, série de casemates et de positions d’artillerie établie par l’adversaire le long de la Moder. A droite, vers Seltz, opéreront le C.C. 6 et le 3e Reg. de Saphis Algériens de Reconnaissance (3e R.S.A.R.).

Après la prise du camp d’Oberhoffen, au nord de Bisch-willer, par le 4e R.T.T. (où les Allemands se sont accrochés durant deux jours) les goumiers du 1er G.T.M. se jettent dans la forêt malgré les mines, la traversent et débouchent sur Hatten, si disputé un mois plus tôt et Niederroedern, où parvient aussi le 3e R.T.A. La ligne ‘ ‘ Anne-Marie ‘ ‘ est crevée. Les chars du C.C. 6 dépassent Seltz. Les Allemands décrochent précipitam­ment sous cette triple poussée. La Lauter est en vue.

Mais le Combat Command  » A  » de la 14e D.B.U.S. est aussi au rendez-vous. Après avoir contourné la forêt de Haguenau.

par la gauche, il s’est rabattu sur Soultz, puis vers Lauterbourg. C’est lui qui doit terminer la progression vers la Lauter selon le  » planning  » allié. Mais une compagnie du 3e R.T.A. le ren­contre près d’Oberlauterbach. Pourquoi se gênerait-on sur ces routes sinueuses ?

Le colonel américain en convient. D’ailleurs il a encore quel­ques points de résistance à liquider à sa gauche, près de la forêt de Wissembourg. Il laisse donc Salmbach au 3e R.T.A., tandis que la 4e R.T.T. parvient à Scheibenhard et le C.C.6 à Lauter­bourg. L’orifice du  » tromblon  » a dix kilomètres de large; Guillaume a parfaitement réalisé sa mission !

Le 18 mars au soir, il n’y a plus aucun soldat allemand en armes en terre alsacienne. Le lendemain, dans la soirée, une compagnie du 4e R.T.T. traverse à gué la Lauter et s’empare du premier village allemand, Scheibenhardt. La campagne de France est terminée. Celle d’Allemagne commence…

‘ ‘ C ‘est à vous et aux troupes relevant de votre comman­dement, écrira le général Brooks, commandant le VIe Corps U.S. à Guillaume, qu ‘à échu le grand honneur de rejeter jusqu ‘au der­nier, de la terre d’Alsace et de celle de France, l’envahisseur boche…

« J’ai toujours soutenu que le commandement d’une divi­sion au feu est l’ultime récompense de tout soldat ; mais, en plus, bouter hors de son pays le dernier envahisseur, est un honneur et un privilège qui sont l’apanage de peu d’hommes de guerre. Mon VIe Corps en entier applaudit à votre victoire. ‘ ‘

Cependant l’agglomération strasbourgeoise demeure sous les canons allemands de la rive droite du Rhin. De Lattre la met hors de danger en franchissant le fleuve en aval au début d’avril. La place de Kehl est investie le 15. Les Strasbourgeois enfin respirent…

Le 8 mai, jour de l’Armistice, toute l’Alsace se réjouit. Les cloches sonnent à toute volée. Sur les places publiques, on se congratule, on s’embrasse et on chante. A Wissembourg, le coq de la Statue du Geisberg, (que les Allemands ont fait sauter en 1940) réapparaît au milieu de la foule. Il a été gardé secrè­tement par des ouvriers pendant toute l’Occupation ! A présent il est porté en triomphe à la lueur des torches jusqu’au balcon de l’Hôtel de Ville.

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